Monique Teneur

(1935 – 2008)

Monique Teneur était une visionnaire qui a compris, avant beaucoup de monde, que l’identité d’une région passait par la sauvegarde de son architecture la plus humble : le bâti rural vernaculaire.

Dans les années 1970, à une époque où le Nord est perçu principalement comme une terre industrielle, Monique Teneur parcourt inlassablement les routes de la région. Ses “escapades” dominicales ne sont pas de simples promenades : elle documente, photographie et répertorie les villages.

  •  Elle publie les premiers guides touristiques (Découvrez le Nord) et devient la première directrice du Comité Départemental du Tourisme (CDT)

  • Au fil de ses prospections, elle fait un constat alarmant : le patrimoine vernaculaire disparaît dans l’indifférence générale. 

Monique Teneur

Le plus grand musée de France est la France elle-même.

Monique Teneur

Le constat de la déliquescence accélérée du bâti rural, qu’elle percevait comme une perte irrémédiable pour l’identité régionale, a été le catalyseur direct de l’action de Monique Teneur.

C’est dans ce contexte qu’est fondée, en 1984, une première entité associative axée spécifiquement sur la préservation du petit patrimoine rural.
Initialement, cette structure opéra comme une délégation régionale de l’association nationale Maisons Paysannes de France, prenant le nom de Maisons Paysannes du NordLa volonté de mener un projet d’ampleur, celui de la création d’un musée de plein air a rapidement nécessité une plus grande autonomie d’action, prenant ainsi le nouveau nom d’Association de Sauvegarde du Patrimoine Rural et des Métiers Traditionnels des Régions Nord.

Inspirée par les musées scandinaves comme Skansen en Suède, elle comprend que si l’on ne peut pas sauver un bâtiment sur place (in situ), il faut le déplacer pour le protéger.

1985 : Premier sauvetage historique avec le démontage de la Maison de Killem-Lynde, menacée par un projet routier. C’est l’acte fondateur.

Le concept : Démonter les édifices condamnés, les transporter, puis les reconstruire à l’identique avec des artisans et des personnes en insertion.

Grâce à sa ténacité et à sa capacité à mobiliser les institutions (Ministères, Région, Département) et le mécénat privé, elle parvient à poser les bases du Musée de Plein Air de Villeneuve d’Ascq, qui ouvre officiellement ses portes au public en 2007.

Décédée en 2008, elle laisse derrière elle une œuvre colossale : un musée de plus de 20 bâtiments sauvés de la destruction. Son association porte aujourd’hui son nom et son ambition : faire du patrimoine un outil de transmission et de lien social.