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Les toitures de pannes et de tuiles

Les toitures de pannes et de tuiles

Dans les Hauts-de-France, les premières traces de tuiles plates remontent à l’époque gallo-romaine, comme celles que l’on retrouve à Bavay dans l’Avesnois et en Flandre belge à l’abbaye des Dunes à Coxyde.
 
La tuile romaine a la forme d’un élément plat et d’un demi cylindre servant de couvre-joint. La panne flamande en forme de S couché est l’évolution de cette couverture romaine.
Elle est pétrie à la main dans des moules en bois. Elle rend, selon l’argile employée, de beaux coloris : bleu-violet, orange nacré, rouge.
En milieu rural, ce matériau onéreux fut réservé aux demeures et fermes importantes, notamment les fermes d’abbayes ou les manoirs.
 

La découverte de la houille, à la fin du XVIIIe siècle, permit le développement des tuileries mécaniques, comme pour la brique.

Ce matériau, devenu moins onéreux, remplace petit à petit le chaume et offre un moindre risque d’incendie.
Ces tuiles, présentes sur trois ou quatre rangées, sur le bord des toitures en chaume, étaient appelées des coyaux. Via ceux-ci, l’eau ruisselait plus aisément, loin des murs, qui étaient ainsi protégés de l’humidité.
Au XXe siècle, le chaume fut remplacé par les pannes. La face interne de ces pannes dispose d’un crochet moulé dans la masse qui permet l’accrochage de la panne voisine par chevauchement.
 
Dans une région exposée au vent, les tuileries fabriquaient deux modèles de pannes : les pannes a recouvrement droit pour le versant sud et celles à recouvrement gauche pour le versant nord.
 
Sur ces belles ondulations, le vent et la pluie glissent aisément.
Les pannes artésiennes ou picardes sont plus aplaties et le bourrelet de recouvrement moins saillant.
 
Les pannes faîtières demi-rondes sont assemblées côte à côte. Les anciennes des XVIIe – XVIIIe siècles étaient ornées d’un feston réalisé à la main par l’artisan, avant la cuisson.
 
À la fin du XIXe siècle, les décors changent sur les faîtages. De nouveaux motifs apparaissent, tels les petits trèfles stylisés réalisés mécaniquement. Durant ce même siècle, la tuile mécanique devient plus plate. Elle se reprend rapidement au nord de Paris.
 
La tradition des pannes perdure et des toitures sont restaurées et refaites avec ce matériau très caractéristique qui donne de l’élégance à la toiture.
 
Pour plus d’informations, voir : 
  • Monique Teneur-Van Daele, PATRIMOINE RURAL ET METIERS TRADITIONNELS DU NORD DE LA FRANCE, Renaissance du livre les beaux livres du patrimoine, 2004.